Sa monture répondait au reste. C’était un de ces coursiers de manége, habitués à danser sur leurs jarrets pour se donner l’air fougueux, et qui rappellent les chevaux de race comme nos acteurs de tragédie rappellent Achille et Mithridate.
Lucifer était pourtant une des gloires de Marquier; il le prétendait de pur sang arabe, et en parlait toujours comme s’il se fût agi du cheval merveilleux que le fils de Philippe put seul maîtriser. A l’en croire, nul autre que lui n’était capable d’apprécier le superbe animal, ni de s’en faire comprendre.
Or, cette thèse favorite que les adeptes de la fashion se plaisaient à lui faire soutenir, par moquerie, était devenue, depuis quelques instants, le sujet d’un nouveau débat entre de Luxeuil et lui.
—Je vous maintiens, mon cher, disait le premier, que Lucifer est une rosse.
—Une rosse! répéta Marquier scandalisé; un cheval de mille écus!
Arthur le regarda.
—Allons, ne me dites pas de ces choses-là, à moi, mon bon, reprit-il; Lucifer vous aura coûté... ce qu’il vaut.
—Et que vaut-il donc, à votre avis?
—Mais quelque chose comme cinq cents francs.
—Plaît-il?