—Par exemple, s’écria Marquier, moi qui ai deux ans de manége! savez-vous que Ducrou m’a donné des leçons?
—Il eût mieux fait de vous donner des jambes, mon bon; ce sont les jambes qui vous manquent; on ne peut pas monter à cheval avec des nageoires; mais tenez donc Atala, je vois là-bas de Gausson qui s’éreinte.
Il jeta la bride de sa jument à Marquier et rejoignit Marcel qu’il trouva occupé à forcer l’entrée de la forge.
—Dieu me damne, mon cher, vous me faites là l’effet d’un Samson enlevant les portes de Gaza, s’écria-t-il en riant.
—J’entends toujours gémir, interrompit de Gausson, au nom de Dieu aidez-moi.
—Bien volontiers, mais il faudrait quelque chose pour soulever la porte.
—Un fusil.
Arthur courut à Marquier et détacha l’arme suspendue à la selle de son cheval.
—Que voulez-vous? qu’y a-t-il? demanda le banquier effrayé.
De Luxeuil ne prit point le temps de lui répondre; courant à la forge, il passa le canon du fusil entre le seuil et la porte, et s’en servit comme d’un levier.