Françoise fit un mouvement.
—Un caprice! balbutia-t-elle en joignant les mains avec désespoir; quand nous nous connaissons depuis près de trois années... quand l’autre jour encore vous me promettiez de songer à l’avenir de notre enfant!
—Un enfant! s’écria Arthur; il y a un petit Marquier! Ah! messieurs, ceci manquait! nous voilà tombés du Gamin de Paris dans Boquillon.
Les éclats de rire redoublèrent, tous les convives entourèrent le banquier avec un empressement grotesque, en lui demandant le nom de l’enfant, son âge, la couleur de ses cheveux et s’il ressemblait à son père. Marquier, pâle de colère, lança à Françoise un regard haineux. Cette dernière révélation mettait le comble aux humiliants embarras que lui avait attirés coup sur coup l’imprudente visite de la jeune ouvrière; elle venait de fournir à de Luxeuil et à ses amis un thème inépuisable de railleries; il était à jamais ridicule, c’est-à-dire presque déshonoré. Cette pensée alluma en lui une sorte de rage.
—Elle est folle, s’écria-t-il avec emportement, je ne sais ce qu’elle veut dire.
—La chose est pourtant facile à comprendre, objecta de Cillart; elle a un fils auquel il faut un père.
—Et elle vous a choisi pour cela, continua Arthur.
—Mais moi, je refuse, interrompit le banquier.
—Quoi! cet enfant?
—Ne m’est rien. Au diable la mère et le fils!