Cependant le chien de garde, dont les aboiements avaient d’abord semblé appuyer la déclaration de Françoise, faisait entendre maintenant des hurlements plaintifs et demeurait devant sa loge rampant sur le ventre et allongeant convulsivement les pattes sous son museau dont il creusait la terre. A la vue de la troupe qui rentrait à la ferme, il redoubla ses gémissements, se laissa aller sur le flanc et raidit tout son corps qui frissonnait.

La mère Louis s’arrêta saisie malgré elle.

—Eh ben, qu’est-ce qu’il a donc Castor? demanda-t-elle, en regardant le chien qui râlait.

—Il a le mal de la mort, dit Anselme Micou qui venait de s’approcher.

—Comment, mon chien va mourir! s’écria la fermière; mais il est venu quelqu’un alors?

—Il est venu le mauvais esprit! continua le berger, le même qui a visité la ferme du Vrillet. Faut qu’chacun songe à ses torts.

—Allons, tu nous assouis (étourdis) toi, interrompit brusquement la paysanne; v’là-t’y pas qu’on devrait faire sa confession générale parce qu’un chien est malade. Faut que tu n’as pas plus d’assent (raison) que tes bêtes.

—Que ceux qui ne croient rien ne craignent rien! dit le berger d’un air sombre; mais il viendra des enseignements!

—Prenez garde à vous, voisine! interrompit tout à coup la voix d’un paysan à cheval qui suivait le chemin du Balleroy.

—C’est Richard! s’écria le garçon de charrue.