—Vous remarquerez que j’en ai déjà un de moins, fit observer de Luxeuil, qui regarda l’actrice; mon plus gros vice. Quant aux autres, je m’en corrigerai avec l’aide de Dieu et de mes créanciers. Je n’en suis pas moins touché de votre sollicitude, ma belle, et, pour la reconnaître, je vous donnerai un bon conseil.
—Je n’en veux pas.
—Parce que vous ne pourrez jamais me le rendre, n’est-ce pas? mais je vous en fais cadeau. Vous avez, sans doute, déjà trouvé l’heureux infortuné qui doit me remplacer.
—Oui, je l’ai trouvé! interrompit Clotilde aigrement, et je peux choisir entre plusieurs, si je veux.
—Ne choisissez pas! reprit Arthur.
—Pourquoi cela?
—Parce qu’il vaut mieux les garder tous.
L’actrice lui lança un regard flamboyant.
—S’ils oubliaient les fins de mois comme certaines gens que je connais, c’est possible, dit-elle avec intention; mais il y a un millionnaire... oui, Monsieur, un millionnaire... seulement il n’est pas grand seigneur! ce qui fait qu’il ne se croit pas obligé d’être insolent, et qu’il paie ses dettes. Ça vous paraît bien mauvais genre, hein?
Arthur avait avidement recueilli le renseignement qui venait d’échapper à l’actrice, mais il ne laissa rien paraître.