—Non que je ne le veux pas, chère câline.
—Alors vous consentez à vous soigner?
—Ah! tu vas encore me parler de médecin...
—Essayez seulement, grand’mère; je vous en conjure... pour moi... rien que pour moi.
Elle avait pris les mains de la mère Louis et y appliqua ses lèvres. La vieille femme finit par céder.
—Allons, on ne peut pas te résister, mezette, dit-elle plus gaiement, nous verrons le mière puisque tu le veux. S’y peuvent me relever, ça ne sera pas malheureux pour nous tous, car ça mettra peut-être fin aux voleries. Ah! pauvre mezette, le proverbe a bien raison:
Quand la haie est basse,
Tout le monde y passe.
—Allons, reprit Honorine, qui voulait profiter des bonnes dispositions de la fermière; je vais faire avertir tout de suite M. Vorel.
—Rien ne presse, fit observer la paysanne; je dormirai bien sans ses drogues; demain s’il y a du soleil, nous attellerons le char-à-bancs et nous irons ensemble au manoir. Mais en attendant je veux prendre quéqu’chose, un peu de tisane de Marin-Onfroy.
Honorine fit un geste de prière.