—Y paraît qu’il a appétit, reprit la fermière... Je parie que vous l’aurez fait jeûner pour le guérir! la diète, c’est comme les licous, ça va à toutes bêtes. Envoyez la Sureau habiller ce pauvre innocent, nous allons l’attendre en bas.

Les deux femmes descendirent au salon et le médecin alla donner les ordres nécessaires à la vieille servante. Il les rejoignit bientôt et engagea Honorine à visiter plusieurs variétés de chrysanthèmes qui venaient de fleurir au jardin, tandis qu’il préparait la potion nécessaire pour la mère Louis. Celle-ci regarda la jeune femme descendre le perron et traverser le parterre.

—A-t-elle l’air coquet, dit-elle, avec cette complaisance des grands parents pour la beauté de leurs petites-filles; y en a pas une autre dans le pays qui l’égale, non!

—Madame de Luxeuil est, en effet, charmante, répliqua Vorel.

—Et courageuse! continua la fermière; y a pas de basse (servante) qui en approche pour le travail, sans compter que c’est attaché...

—Oui, reprit Vorel d’un air paterne; je la crois d’une nature fort affectueuse.

—Y faut ça! car vrai, y a des fois où je la tarabuste.

—Vous êtes vive, mais au fond si bonne...

—Eh ben, v’là où est la menterie! s’écria la fermière qui, par contradiction, se trouvait en veine de franchise; je suis pas bonne du tout; et vous le savez bien mieux que personne.

—Moi?