—Mais n’y a-t-il rien à faire? demanda Honorine visiblement inquiète.

—Je ne ferai rien; je ne veux point de ses remèdes! interrompit précipitamment la mère Louis. Qu’y s’en aille, le malheureux! c’est le notaire que je veux voir.

Honorine voulut insister; Vorel lui imposa silence de la main; il regarda fixement la malade, dont le visage était enflammé, jeta un coup d’œil autour de la chambre pour chercher l’idiot, et, ne l’apercevant point, sortit en faisant signe à la jeune femme. Celle-ci se hâta de le suivre.

—Ma grand’mère a le délire, dit-elle avec agitation.

—Il est impossible de s’y tromper, répondit le médecin, dans l’accent duquel il y avait un peu de trouble; nous touchons au moment d’une crise qui peut être heureuse ou fatale.

—Et ne peut-on rien faire pour qu’elle soit favorable?

—On peut beaucoup; mais, vous l’avez entendue déclarer qu’elle ne voulait aucun remède venant de moi.

—Je parviendrai peut-être à lui persuader...

—Ne l’espérez pas: combattre sa manie ne servirait qu’à l’y raffermir.

—Mon Dieu! de quelle manière s’y prendre, alors?