—Monsieur!...
—Vous croyez que je parle de vous conduire à Paris afin de vous forcer à racheter le droit de demeurer ici? Je suis étonné que vous ne m’ayez point encore demandé pour quelle somme je consentirais à vous laisser dans votre solitude.
—Eh bien! je vous le demande! s’écria la jeune femme poussée à bout.
—Décidément, Madame, vous me forcerez à me mettre au rang des maris incompris, dit Arthur ironiquement; je suis véritablement contrarié de ne pouvoir vous convaincre que je tiens non-seulement à votre fortune mais à vous-même.
Honorine fit un mouvement.
—Oh! ne donnez point trop d’étendue à mes prétentions, reprit de Luxeuil avec un accent incisif; ce que je demande, c’est seulement une apparence! Je n’ai point le téméraire espoir d’obtenir davantage. Toute liberté sera laissée à vos sentiments, à vos habitudes, à vos actes, et, pour n’avoir jamais à revenir sur un sujet pareil, je me permettrai un simple avis.
—Quel avis, Monsieur?
—Celui de mettre plus de prudence, Madame, dans des relations qui ont tout intérêt à se déguiser; de ne point confier aux arbres une correspondance qui pourrait être surprise; de choisir enfin pour vos rendez-vous du matin un lieu qui ne soit point ouvert à tout venant.
Au premier mot prononcé par Arthur, la jeune femme avait tressailli, puis elle devint très-pâle.
—Je m’attendais à ces accusations... balbutia-t-elle; mais quelles que puissent être vos préventions, Monsieur, je puis vous affirmer...