—Prenez garde! dit le Parisien, dont le front s’était rembruni; faut pas être ingrat avec les amis. Je pourrais dire des choses...

—Qui te perdraient sans me nuire, car tu ne pourrais appuyer les déclarations d’aucune preuve. Cesse tes menaces qui sont ridicules, et va-t’en.

—Pas encore, cria Jacques en se précipitant sur le médecin, qui se sentit frappé au-dessous du bras.

Mais l’arme rencontra une côte qui la repoussa; le Parisien voulut redoubler; Vorel lui saisit la main et se jeta sur lui à corps perdu. La lutte se continua quelque temps entrecoupée de menaces et d’imprécations. Vorel qui ne pouvait espérer aucun secours, faisait des efforts désespérés; il poussa son adversaire jusqu’à la fenêtre. Celui-ci, qui se sentait faiblir, cria:

—A moi, Moser, à moi!...

Une grande ombre se leva tout à coup des plates-bandes. Le médecin l’entrevit. Comprenant que tout était perdu s’il donnait à un nouvel assaillant le temps d’intervenir, il se lança contre le Parisien par un élan suprême et le renversa sur le balcon; mais la balustrade céda avec un craquement sinistre et tous deux tombèrent sur le perron qui se dressait au-dessous. La tempe de Vorel alla frapper l’angle d’une des marches; il demeura où il était tombé, sans plainte et sans mouvement. Le Parisien se redressa avec un gémissement.

—L’Alsacien!... à mon secours!... bégaya-t-il.

—Me f’là! me f’là! dit Moser qui restait au bas du perron.

—Vite!

—J’ai beur que le pourgeois ne soit bas fini! reprit le Juif.