—Je n’ai point... parlé... de moi!... balbutia-t-elle blessée.

—Ah! ne cherchez point à me donner le change, reprit Marc, dont l’embarras se traduisait par une rudesse inaccoutumée... Vous souffrez, parce que votre isolement vous tue. Aux Motteux vous supportiez tout; il y avait dans l’air quelque chose qui vous donnait de la force!

—Pourquoi me le rappeler? murmura Honorine, qui serra son mouchoir sur ses lèvres...

—C’est donc vrai, bien vrai, reprit Marc rapidement; tout votre mal vient de là! Répétez-le moi, je vous en prie.

—Ne m’interrogez pas, dit la jeune femme, dont les paupières se gonflèrent de larmes. A quoi bon me demander... ce que je ne veux point savoir moi-même? Jusqu’à ce moment vous aviez eu pitié de moi; vous m’aviez épargné des explications inutiles... Laissez les choses suivre leur cours... Je ne me suis pas plainte! Pourquoi vouloir me consoler? Ce qu’il y avait dans l’air des Motteux, comme vous le dites, aucune puissance humaine ne peut le mettre dans celui de la Brichaie...

—Qu’en savez-vous? dit Marc.

Elle releva vivement la tête, regarda fixement son interlocuteur, joignit les mains et s’écria:

—Vous avez vu Marcel?

—Je l’ai vu! répondit-il.

—Ainsi... il n’a point quitté la France?