—Ah!... et vous croyez que cela engorge le foie! dit le médecin. C’est sans doute une observation récente de mon confrère Delarue.

—Allons! vous êtes un homme terrible, fit observer le banquier en riant; vous ne voulez jamais croire à l’influence du moral sur le physique...

Darcy jeta au gros petit homme un regard de côté.

—Et vous y croyez, vous? demanda-t-il.

—Par la raison qu’on ne peut nier ce qu’on sent, répliqua Marquier; que diable! mon cher docteur, il suffit de s’observer pour savoir que l’âme gouverne le corps...

—Ainsi, c’est votre âme qui vous rend pléthorique, reprit Darcy; c’est elle qui a arrêté le développement de vos extrémités au profit de vos organes abdominaux; c’est votre âme qui vous prédispose tout doucement à l’apoplexie...

—Comment, comment? interrompit le banquier effrayé.

—A l’asthme, à la goutte, à la gravelle, continua le docteur; par le ciel! délivrez-vous de cette ennemie intime, et redevenez tout simplement un vertébré à l’état normal.

—Vous déplacez la question, docteur, vous déplacez la question! s’écria Marquier.

—C’est-à-dire que c’est vous, répliqua Darcy; vous venez me parler d’âme à propos de maladie de foie... quand vous ne devriez en parler qu’à propos de finances. Savez-vous depuis quand vous sentez votre âme, comme vous dites? depuis que la congrégation vous a choisi pour son banquier.