—Se peut-il! s’écria la comtesse, et vous n’avez point averti Arthur?

—Par la raison que je me suis engagé à taire la retraite de votre nièce, répliqua Darcy; elle tient à demeurer cachée, à vivre tranquille!... Ce sont ses propres paroles.

—Ah! vous m’avez donné un coup terrible! dit madame de Luxeuil, en se renversant sur son fauteuil; Honorine mourante, grand Dieu! sans que nous en sachions rien!

—Il est difficile de s’occuper en même temps des affaires du ciel et de la terre, fit observer le médecin sèchement. Vous, qui accordez tout à l’âme, vous ne devez point vous étonner qu’une jeune femme n’ait pu supporter tant de chagrins et de luttes.

—Je sais que mon fils a eu des torts, reprit la comtesse, mais maintenant il serait facile de les lui faire reconnaître, et de travailler à un rapprochement. Au nom du ciel, docteur, dites-moi où est Honorine?

Darcy prit un air grave.

—Madame la comtesse oublie que j’ai promis de garder le silence, dit-il.

—Qu’importe! Vous ne pouvez vous regarder comme enchaîné par un caprice de malade; une promesse n’oblige qu’à la condition d’être raisonnable...

—Elle oblige toutes les fois qu’elle a été faite sérieusement et librement.

—Mais, songez!...