—Aussi est-ce pour moi une bonne fortune inattendue, reprit de Luxeuil; je venais offrir des soins, et, loin de là, je puis en demander.
—Des soins!
—Non pas pour moi, Madame, mais pour ma mère affaiblie, souffrante, et qui vous réclame.
—Quoi! madame de Luxeuil?... interrompit de Gausson.
Arthur lui jeta un regard hautain, et s’adressa de nouveau à Honorine, sans lui répondre:
—J’espère n’avoir pas besoin de recommencer ici les fâcheuses explications que j’ai dû donner aux Motteux, continua-t-il; j’engage seulement Madame à se rappeler et à réfléchir! notre chaise de poste sera demain à ses ordres.
L’arrivée de la servante qui venait annoncer que la chambre d’Honorine était prête, coupa court à la conversation; celle-ci parut un instant indécise, puis faisant signe à Marc, elle sortit avec lui. De Gausson attendit que la lumière qui les éclairait eût disparu dans l’escalier. La fatale rencontre qui replaçait Honorine dans l’horrible alternative dont on l’avait déjà menacée aux Motteux, venait de lui inspirer une résolution extrême. Resté seul avec Marquier et Arthur, il s’approcha de ce dernier.
—J’ai eu l’honneur d’adresser tout à l’heure la parole à M. de Luxeuil sans qu’il ait daigné me répondre, dit-il à demi-voix.
—En effet, Monsieur, répliqua Arthur froidement.
—Ainsi, le silence de M. de Luxeuil n’a été ni un oubli ni une distraction?