—Depuis trois années, je connais M. le duc de Saint-Alofe; sa raison est aussi ferme, aussi saine que son cœur. On a profité de ridicules préventions, exploité des apparences pour le dépouiller de ses biens en lui ravissant sa liberté.

—Dieu! et c’est M. le marquis de Chanteaux?...

—Oui, un lâche dont j’ai eu l’honneur et la vie entre les mains. Ah! j’irai le trouver...

—Il est en Allemagne, interrompit vivement Honorine; mais ne peut-on profiter de son absence même pour délivrer le duc?

—Ouvertement, c’est impossible; il y a un arrêt.

—Eh bien! en secret, par la fuite, qui lui a déjà réussi une fois.

Marc parut réfléchir.

—Pour que la chose fût praticable, dit-il, il faudrait savoir où l’on a conduit M. de Saint-Alofe; le marquis l’a sans doute éloigné de Paris.

—Qu’importe! ne peut-on découvrir sa retraite à force de recherches?

—Peut-être; mais c’est un moyen long, dispendieux.