—Ah! n’épargnez rien, dit Honorine; j’ai été la cause involontaire de son arrestation. A tout prix il faut qu’il redevienne libre. Promettez une récompense à qui pourra découvrir sa prison, gagnez ses gardiens, aidez sa fuite; je fournirai à tout, je paierai tout.

Elle avait couru à un secrétaire qu’elle ouvrit, et où elle prit un rouleau d’or qu’elle présenta à Marc; celui-ci hésita à l’accepter.

—Ne pouvez-vous charger un autre de ces recherches, dit-il, tandis que j’agirai de mon côté?

—Pourquoi un autre? demanda la jeune femme; aurait-il la même activité, le même zèle? Qui pourrait d’ailleurs m’inspirer plus de confiance, que celui à qui j’ai été recommandée par ma mère?

—Vous avez raison, reprit Marc pensif; l’agent que vous choisiriez vous trahirait peut-être, car ici vous ne pouvez compter sur personne. Tous ceux qui vous entourent vendraient votre secret à M. de Luxeuil.

—A lui? Qu’en ferait-il? Que lui importe la captivité du duc ou sa délivrance, maintenant que notre union est irrévocable? Que peut-il craindre encore?

—Il peut craindre les conseils d’un attachement véritable et éclairé; tout ce qui vous protégerait lui fait peur, car il y trouverait un obstacle à ses projets.

—Que voulez-vous dire?

Avant que Marc eût pu répondre, deux coups furent frappés à la porte de la chambre, qui s’ouvrit presque en même temps, et Arthur parut sur le seuil.

Honorine ne put réprimer un geste de saisissement.