Je reste sur la défensive. Si Wassermann se montre aimable, c’est parce qu’il a quelque nouveauté désagréable à m’apprendre.

— Vous savez que vous partez demain…

— Demain ?

— On ne vous a pas prévenu ?

— Prévenu ?…

— J’ai envoyé un planton à Eckmuhl. Il a dû vous laisser des ordres.

— Quels ordres ?

— Vous partez demain matin, 5 juin, pour Alger. Vous rejoignez le bataillon destiné au Sud-Tunisien.

— Depuis quand ?

— Je ne sais pas. La feuille de route que j’ai établie et que l’on vous remettra spécifie que vous prenez le premier train du matin.