— A Batna, je crois.

— C’est vrai, reprend Thuaire. J’ai de ses nouvelles. « Elle » l’a oublié, vous savez ?

— « Elle » ? Qui donc ?

— Renée, la jeune fille qui lui fit don d’une pipe…

— Comme les femmes oublient vite !

— C’est aussi ce qu’elles disent de nous.

— Et Marcel Allix ? Il a souffert ?

— Il m’a écrit qu’il avait changé le nom de sa pipe.

Mais il se fait tard. Maurice Thuaire m’accompagne jusqu’à la chambre où je dois passer ma dernière nuit. Par la fenêtre j’aperçois quelques arbres et, parmi eux, sans doute, le mimosa aux branches basses.

Je mets un peu d’ordre dans mes affaires avant de m’endormir. Des lettres que l’on déchire, d’autres que l’on classe. Ce petit papier encore froissé ? C’est le billet que Gâtouse dictait au brigadier… Faut-il l’envoyer à Marcel Allix ou au « Prince Pauvre », pour qu’ils me les traduisent ? Ils sont loin l’un et l’autre et déjà sur cet humble feuillet la mine de plomb s’efface, les signes deviennent illisibles.