A Henry Céard.

Médan, 17 novembre 1878.

Mon cher ami,

Les Russes vous volent indignement. Les chiffres de Boborykine mettent la feuille, les seize pages, à deux cent quatre-vingts francs, ce qui serait encore raisonnable; mais il ne faudrait pas qu'on vous fît supporter le déficit du change, et d'autre part, vous ne sauriez entrer dans les frais de traduction. Je compte donc écrire à Boborykine; mais, avant de le faire, j'attendrai dimanche pour causer avec vous. Nous nous entendrons. Mon avis est aussi que vous vous proposiez comme correspondant politique: prenons le plus de place possible.

Je suis bien contrarié que l'affaire ne se soit pas arrangée pour Huysmans. Dès qu'il aura son article, il faudra qu'il le porte à La Réforme. D'ailleurs, lorsque je serai à Paris, nous aviserons à nous créer des débouchés sérieux.

Répétez à nos amis que je les attends dimanche. Mais je ne veux pas que vous restiez dans la boue, en venant par Triel. Pour peu que le temps soit mauvais, arrêtez-vous à Poissy; adressez-vous à M. Salles, loueur de voitures, en face la gare; il vous amènera soit dans deux voitures, soit dans un petit omnibus. Sérieusement, les chemins sont trop mauvais pour s'y risquer.

A dimanche donc et, en attendant, une bien affectueuse poignée de main.


Au même.

Médan, 22 décembre 1878.