Mon cher Céard,

La première de L'Assommoir n'aura lieu que le 10 ou le 11. Je serai à Paris le 3. Nous aurons tout le temps de nous entendre. Vous pourrez venir passer une soirée chez moi vers le 6 ou le 7, lorsque j'aurai vu deux ou trois répétitions. Tant mieux s'il y a bataille. Je m'attends à tout.

Pourriez-vous me rendre un service? Ce serait de vous informer chez Charpentier et ailleurs si des journaux se sont occupés de mon affaire du Figaro. Je crois savoir par exemple que La Marseillaise a dû faire un article la semaine dernière. D'autres sont peut-être intervenus, après la publication de mon étude dans le supplément du Figaro. J'aurais besoin de connaître les articles; il serait possible que je fisse mon feuilleton du Voltaire sur la question. Veuillez donc me renseigner dans le plus bref délai, et excusez-moi de vous charger de cette corvée que vous a attirée votre bonne lettre de ce matin.

Une poignée de main à tous, et bien affectueusement à vous.


A Léon Hennique.

Médan, 28 décembre 1878.

Certes, non, mon cher Hennique, je ne suis pas ému par tout ce tapage; à peine un petit mouvement de colère, le premier jour. Mais la vérité est trop de notre côté pour que nous ne gardions pas un beau calme.

Je suis bien heureux de rentrer à Paris et de vous serrer les mains à tous; d'autant plus que la bataille de L'Assommoir va nous amuser. Vous savez que je compte personnellement sur vous. Je rentrerai le 3. Nous aurons le temps de nous entendre, car je crois que la pièce ne passera pas avant le 15.

Quelle est donc la personne qui a donné des notes à Montjoyeux pour un article du Gaulois? D'ailleurs, l'article est poli, quoique rempli d'inexactitudes. On vous y traite bien, et cela m'a fait plaisir.