Oh! mon ami, il faudrait mieux nous en aller tous. Ce serait plus vite fait. Décidément, il n'y a que tristesse, et rien ne vaut la peine qu'on vive.
A Antoine Guillemet.
Médan, 22 août 1880.
Que vous êtes aimable, mon cher Guillemet, de m'écrire une si bonne et si longue lettre! Vous avez raison, il n'y a rien de plus sain que les vieux souvenirs d'amitié.
Je crois que vous vous calomniez en disant que vous ne travaillez pas. Je suis certain que vous allez trouver le moyen de nous revenir avec des études superbes, que nous irons admirer à votre atelier. Quant à moi, je patauge dans du théâtre. Nana est à peu près finie. Mais mon cœur n'est pas là. Je terminerai l'autre pièce, et je reviendrai à un roman, où je me sens plus solide. Il me faut encore du temps pour aborder la bataille du théâtre d'une façon décisive, comme je le voudrais.
Paul[33] est toujours ici avec moi. Il travaille beaucoup, et il compte toujours sur vous pour ce que vous savez. Il m'a conté l'excellente matinée que vous avez passée ensemble. Et je suis chargé de vous envoyer toutes ses tendresses.
Voilà, mon cher ami. Je suis plus chiche de ma prose que vous,—parce que peut-être je la vends. Mais cela ne m'empêche pas d'être bien heureux de votre amitié. Tout mon petit monde ici se porte bien et vous envoie ses compliments, à vous et aux vôtres.
Une bonne poignée de main de votre dévoué.