... Je vous envoie deux nouveaux chapitres de Germinal, en un paquet recommandé. Ce diable de roman me donne un mal de chien. J'ai encore les deux derniers chapitres à vous envoyer. Ils ne seront pas finis avant douze ou quatorze jours. Mais je suis content, cela suffit...


A Henry Céard.

Médan, 18 janvier 1885.

Mon cher Céard,

J'écris à Piégu que je ne puis prendre un engagement formel, mais que j'accepterai volontiers son hospitalité, le jour où j'aurai quelque chose à dire.—Dans tout cela, ce qui me charme, c'est que vous avez enfin une place où écrire. Il est bon de pouvoir se soulager le cœur.

Non, Germinal n'est pas fini. J'ai encore cinq ou six jours de travail. Ce diable de roman m'a donné beaucoup de mal. Mais je suis très content, surtout de la seconde moitié, et c'est l'essentiel.—Vous avez tort de lire ça dans Le Gil Blas, car le feuilleton déforme tout.

Nous ne rentrerons guère à Paris que du 12 au 14. Je désire me débarrasser ici de mes dernières épreuves, et j'ai un tas de papiers à ranger. Paris me tente très peu d'ailleurs, et je crois bien que je n'y mettrais pas les pieds sans les quelques amis que je puis y avoir encore. Je n'ai soif que de travail.

Nos bons souhaits de santé à votre mère, et une vigoureuse poignée de main pour vous.