Paris, avril 1887.
Ah! que vous êtes brave, mon cher Bauer, et que je vous remercie! J'ai lu votre article avec des frémissements de joie, dans un réveil de toute ma jeunesse batailleuse. Cela me donne l'envie de mieux faire et de faire plus haut, plus vrai. Que je voudrais répondre par une œuvre complète, à vous tous qui voulez bien mettre de l'espoir en moi! Je vous jure que si je ne tiens rien de ce que vous attendez, c'est que j'aurai crevé à la peine!
Merci encore, et tout entier à vous.
A Octave Mirbeau.
Paris, 22 avril 1887.
Mon cher Mirbeau,
Je ne suis naturellement pas tout à fait de votre avis sur Renée, bien que je me croie sans grande illusion. Mais comme je vous remercie de votre article si virulent et si vrai sur le monde des théâtres! Remarquez que le monde qui lit nos romans n'est guère meilleur; seulement, nous ne le voyons pas en tas. La bêtise est universelle, et nous ne pouvons cependant nous croiser les bras. Pour moi, il n'y a que le travail, dans le livre comme au théâtre. Quant au reste, qu'importe! L'œuvre faite, bonne ou mauvaise, bien ou mal accueillie, n'est plus à nous.
Merci encore, et cordialement.