A Georges Charpentier.
Médan, 6 mai 1887.
J'ai en effet tout reçu, mon bon ami, et je vous remercie de l'activité que vous mettez à m'être agréable, surtout en ce moment où vous devez être si bousculé par le chagrin.
Nous avons passé par là, c'est une chose affreuse. Et rien à faire; on voit la vie s'en aller de l'être qu'on aime, sans pouvoir rien retarder. Je vous souhaite bien sincèrement un prompt dénouement, car chaque jour d'angoisse est une cruauté de plus.—A bientôt, nous espérons pourtant revoir encore votre mère.
Si l'on ne siffle plus Renée, c'est peut-être qu'il n'y a plus personne. Les recettes ont beaucoup baissé depuis deux jours. Enfin, il y a déjà vingt représentations, cela me suffit.—Vous savez que nous allons imprimer tout de suite la pièce. Je viens de terminer une préface dont je suis content: nous la mettrons dans le supplément du Figaro. Peut-être vous enverrai-je le manuscrit dans deux ou trois jours, peut-être vous le porterai-je jeudi. Et nous tâcherons d'enlever ça, pour paraître sans retard, pendant que l'aventure n'est pas trop vieille. Vous devriez annoncer tout de suite la pièce au Journal de la Librairie, pour voir s'il y aura des demandes. Je ne l'espère guère, mais enfin on peut voir.
Rien autre, je me suis remis à mon roman, qui va très bien.—Nos bonnes amitiés à vous tous, dites à votre mère que nous l'embrassons, et à jeudi soir, n'est-ce pas? Nous serons chez vous de bonne heure.
Bien affectueusement.
A Émile Verellen.
25 mai 1887.