Mais je vous suis bien reconnaissant de votre bonne poignée de main littéraire, et je veux que vous me sachiez votre bien affectueux.
A Alphonse Daudet.
Paris, 18 décembre 1887.
Mon cher ami,
Je connaissais à peu près tous les chapitres de vos Trente ans de Paris. Mais avec quel charme je viens de les relire! Il y a là, pour nous, hommes du métier, des pages bien intéressantes, et il y a pour moi, qui ai vécu une vie parallèle à la vôtre, des souvenirs qui éveillent puissamment les miens. Je sors tout secoué de ma lecture.
Votre Tourguéneff m'a fait revivre des heures déjà lointaines, et votre note de la fin, les quelques lignes ajoutées, m'a serré le cœur. C'est la vie, paraît-il. D'ailleurs, je crois que ces choses ont pris, sous des plumes maladroites, une brutalité qu'elles n'ont jamais eue. Ah! mon ami, ce n'est pas le mal qu'on dit des autres qui vous brouille, c'est le mal qu'on vous en fait dire.
Nos meilleurs souvenirs à Mme Daudet, et bien cordialement à vous.