Médan, 4 septembre 1890.

Mon bon ami, n'ayez aucun remords, car moi-même je n'irai pas à Paris pour la reprise de L'Assommoir. J'aurais désiré qu'on réservât la pièce afin de la reprendre plus tard sur une vaste scène; mais Busnach a cru qu'il y avait quelque argent à faire aux Menus-Plaisirs, ce en quoi il se trompe, je crois.

Je ne bouge donc pas d'ici, je travaille à mon roman, sans grand plaisir. Il me donne un mal de chien, et je crains bien qu'on ne m'ait pas grande reconnaissance de l'effort qu'il me coûte. L'argent est décidément un sujet ingrat, l'argent des affaires, j'entends.

Et voilà, mon bon ami, nous vivons au désert, sans plus voir personne. Vers la fin du mois pourtant, je prierai les Bruneau et les Fleury de venir. Si tous repassez par Paris, venez nous serrer la main. Nous ne rentrerons rue de Bruxelles que vers le 15 octobre; et je bûche ferme pour avoir à cette époque huit chapitres terminés sur douze.

Vives amitiés de nous deux, et bien affectueusement à vous.


A J. van Santen Kolff.

(FRAGMENT)

Le 12 septembre 1890.

... Vous me demandez si je suis content. Jamais je ne le suis au milieu d'un livre, et cette fois le tour de force avec lequel je me bats est vraiment si dur que j'en ai, certains jours, les reins cassés. Enfin, nous verrons bien...