A Alphonse Daudet.
Paris, 6 novembre 1890.
Mon vieil ami, j'ai reçu hier votre Port-Tarascon, et je l'ai lu dans la journée. La fin surtout m'en a plu infiniment: le procès est épique, un de vos morceaux de grande verve, une vraie envolée dans l'outrance du réel; et les derniers jours de votre Tartarin ont trempé mon rire d'une pitié infinie, dont l'attendrissement ineffaçable me restera au cœur.
Je veux vous voir, vous serrer la main, et cette gueuse de vie de Paris est là qui met obstacle sur obstacle. Mais, si je tiens à ne pas attendre pour vous dire avec quelle joie je vous ai lu, j'espère bien ne pas tarder à aller vous redire de vive voix mon plaisir.
Affectueusement à vous, mon vieil ami, et à tous les vôtres.
A J. van Santen Kolff.
(FRAGMENT)
16 janvier 1891.