Nous sommes encore dans toute la fièvre de l'installation. Il fait un froid de gueux. Enfin, je suis parvenu à trouver un trou où nous ne serons pas trop mal, nous et le chien.
J'en suis toujours à étudier le terrain. Tu devrais bien avoir une ambition, un désir plutôt, qui eût quelque précision. Je puis frapper pour toi à toutes les portes. Mets-moi donc un peu à contribution, en me disant: «Va ici et va là.» Moi, de mon côté, ces jours-ci, je compte t'écrire une longue lettre où je te donnerai toutes mes observations. Selon moi, Bordeaux, à cette heure, doit être pour nous le chemin de Paris. Il est bon que tu viennes.
Si tu te décides à me répondre, je te conseille de descendre chez moi. Les hôtels sont inabordables. Pour quelques jours, tu pourrais coucher dans la salle à manger, Il y a d'ailleurs un logement à louer dans notre maison. Je me mets à ta disposition entière.
Merci de ce que tu as fait pour ma femme et ma mère. Et songe à Chappuis. J'attends la réponse monnayée avec impatience. Pourvu que les neiges n'interceptent pas les courriers.
Une vigoureuse poignée de main. Ma mère et ma femme me prient de te serrer une seconde fois la main.
Ton bien dévoué.
A Antony Valabrègue.
Bordeaux, 29 décembre 1870.
Mon cher Valabrègue,