Je ne vous ai pas répondu plus tôt et cela pour une bonne raison: j'étais à Bordeaux, et c'est ma femme qui m'apporte votre lettre en venant me rejoindre.

J'ai compris que La Marseillaise ne pouvait aller loin, faute d'un matériel et d'un personnel suffisants, et j'ai jeté l'affaire à la mer. Je savais depuis longtemps que ma place était ici. Pour mieux étudier la situation j'ai accepté auprès de Glais-Bizoin la place de secrétaire particulier. L'on me promet une préfecture pour le prochain mouvement préfectoral. Je verrai alors ce que j'aurai à faire.

Pour l'instant, je suis dans une situation tout à fait bonne. Tout marche à souhait. Ma campagne en province sera excellente.

Vous avez raison. Si Aix vous ennuie, vous pourriez trouver à Bordeaux un Paris transitoire. Vous voyez que je vous ai devancé.

Donnez-moi de vos nouvelles, vous me ferez grand plaisir, et si vous venez jamais, je vous invite à déjeuner.

Votre bien dévoué.


A Marius Roux.

Bordeaux, 2 janvier 1871.

Mon cher Roux,