Je ne reçois ta lettre que ce matin. Elle a mis trois jours à me parvenir. Je ne crois pas que tu tires un sou de Chappuis. Il aurait peut-être fallu insister le lendemain de la mort de La Marseillaise. Je t'envoie le traité. Fais ce que tu voudras. Tu es plus à même de savoir quel parti il faut prendre en de telles circonstances.

Je suis très ennuyé de cet incident. Ici je ne toucherai que vers le huit, et ce sera très dur d'attendre jusque-là.

D'après ce que tu me dis, au sujet de tes conversations avec Arnaud, ce ne serait plus qu'un compte à régler entre nous deux. J'écrirai à Arnaud pour avoir un compte écrit. Je ne me rappelle plus moi-même exactement ce que j'ai touché. De ton côté, dis-moi ce que tu as reçu. Je tiens beaucoup à savoir où nous en sommes. Il sera aisé de savoir ensuite quelle somme j'ai reçue en plus, et quelle somme je te dois. Tâche, s'il est encore possible, d'avoir quelque chose pour Marion.—J'ai une autre inquiétude, les abonnés de La Marseillaise ont-ils été remboursés? Cela va nous tomber sur le dos. On pourrait les dédommager en leur servant Le Peuple.

Retourne-moi les trois lettres qui ont dû arriver après le départ de ma femme. Ma mère a oublié dans sa chambre un mouchoir jaune. Mets-le de côté, si on te le rend.

J'attends toujours pour savoir si je dois faire une démarche pour toi. Ma femme me dit que tu comptais aller t'enfermer à Beaurecueil. Cela me paraît peu pratique. Donne-moi ton adresse si tu quittes Marseille. Je ne resterai sans doute pas longtemps à Bordeaux. Je guigne une place plus militante. J'attends le résultat Chappuis, et je t'écrirai plus longuement.

Mes compliments et une bonne poignée de main pour toi.


A Antony Valabrègue.

Bordeaux, 7 janvier 1871.

Mon cher Valabrègue,