Dites bien ces choses, chère Madame, aux artistes qui ont combattu avec vous, et veuillez me croire votre tout dévoué et tout reconnaissant.


A Marius Roux.

Paris, 24 décembre 1873.

Mon cher Roux,

Je viens du Corsaire, où je suis allé chercher des nouvelles. Rien de bon. Portalis m'a l'air de vouloir faire encore un coup de tête. La vérité est qu'il ne doit avoir aucune promesse et qu'il a sans doute rêvé de forcer la main au gouvernement. Tu sais comme ces choses-là réussissent.

En somme, aucun numéro n'a paru. L'annonce d'une saisie, donnée ce matin par Le Rappel, n'est pas vraie. Portalis n'a pu encore lancer son numéro, que l'imprimeur ne veut pas imprimer. Les jeunes gens que je viens de voir ne croient pas à la réapparition, bien que le numéro de demain se prépare en ce moment. D'ailleurs, ils ont grandement raison de se méfier.

J'ai cru devoir t'avertir pour que tu saches à quoi t'en tenir. Si, par hasard, Le Corsaire reparaissait sans encombre, je t'enverrais une dépêche.

Je sais que tu as trouvé un photographe disposé à faire des vues du barrage. Entends-toi avec lui. Je te donne sur l'autre feuille l'indication d'un point de vue excellent. C'est de cette place que Chavet a fait un fusain qui s'est malheureusement égaré dans la déconfiture de la Société du Canal.

Rien autre.—Nous te souhaitons tous de bonnes fêtes. Mes compliments à ta famille. Je te serre vigoureusement la main.