Si je ne vous ai point encore remercié de votre petit volume, si gros de poésie, Jeph Affagard, c'est que je comptais vous envoyer mes compliments dans L'Avenir national. Hélas! les temps sont durs, et l'on fait un véritable massacre d'articles bibliographiques.

Aujourd'hui, j'ai quitté L'Avenir, et comme je n'espère plus vous dire merci publiquement, je vous envoie une bonne poignée de main. Vos vers sentent la grande mer, et ils ont une rudesse qui m'a ravi.

A vous.


A Marie Laurent.

Juillet 1873.

Chère Madame,

Veuillez, je vous prie, vous faire mon interprète auprès des vaillants artistes qui ont combattu avec vous et qui ont fait une grande victoire de la première représentation de Thérèse Raquin. Dites-leur toute ma gratitude.

J'ai reçu votre bonne lettre collective, et elle m'a profondément touché. Elle me console de cette mort brusque qui enterre sans doute mon œuvre pour longtemps. Non, certes, vous n'avez rien à vous reprocher. Vous avez lutté jusqu'à la dernière heure, et j'ai trouvé en vous des défenseurs et des amis, oublieux de leurs propres intérêts. Ce qui m'a le plus chagriné, ce n'est pas de voir le drame arrêté, lorsque le succès d'argent pouvait encore venir; c'est de voir perdus vos efforts, vos créations, cette interprétation hors ligne, d'un ensemble tel, que depuis longtemps on n'avait constaté un tel résultat au théâtre.

Je n'ai qu'un regret: votre poignée de main a devancé la mienne. Lorsque je l'ai reçue, je venais d'envoyer à l'imprimerie une préface qui doit accompagner mon drame, et dans laquelle je tâche de payer ma dette. Je vous adresserai à tous la brochure et ce seront là mes remerciements officiels.