LXVII

Mon cher Roux.

Voici la requête. Je la crois excellente.

J'ai peu de choses à te dire. Remets la lettre et plaide la cause, s'il y a lieu. Il serait bon que le maire lût l'épître devant toi. Dis-lui bien que je n'ai pu indiquer le genre de récompense, mais que j'estime qu'il serait convenable de donner le nom de mon père à une rue. Cherche même avec lui la rue qu'on pourrait choisir. Tout cela, bien entendu, est livré aux hasards de la conversation.

J'écris à Arnaud pour le mettre en campagne. Il faudrait qu'on vît le plus de conseillers municipaux possible[8]. Enfin, fais ce que tu pourras. Tu as bien peu de temps à toi, et je te donne là une commission un peu lourde. Tu me pardonneras.

Rien de nouveau ici. Je ne mets pas le nez dehors d'ailleurs. Je travaille et suis à peu près à la moitié de mon roman,—qui doit continuer à ennuyer le public. Moi, j'en suis très satisfait, ce qui est le principal.

Bavarde un peu là-bas et viens vite me conter les cancans. Et les troubadours? ont-ils bien fait les choses? J'ai comme un vague désir de faire sur eux ma prochaine causerie de la Tribune. J'attends des détails dans les journaux.

Mes compliments à ta famille. Tu as les amitiés des miens.

Une bonne poignée de main, et à bientôt.