Mes respects à tes parents.

Je te serre la main. Ton ami,

Émile Zola.

Le bonjour à Raynaud Jules.—Viendra-t-il cette année à l'École polytechnique?


XVI

Juillet 1860.

Mon bon vieux,

Je ne sais vraiment pas que t'écrire pour remplir trois à quatre pages, je vais toujours commencer par te copier une longue tartine que j'ai écrite dernièrement en lisant Victor Hugo. Voici la susdite tartine: Dans la préface du Dernier jour d'un Condamné, il est deux ou trois points sur lesquels l'auteur n'a pas assez insisté.

Et d'abord la justice humaine étant faillible, elle ne saurait infliger un châtiment sur lequel elle ne peut revenir. Mettez l'homme en prison parce que, son innocence reconnue, vous pouvez en tirer les verrous; mais ne le mettez pas dans un tombeau dont la porte est close à jamais. Il n'y a que Dieu qui puisse punir éternellement, parce que Dieu ne saurait se tromper; c'est une insulte à ce Dieu de lui disputer ce droit de suprême justice, de disposer en créateur de ses créatures, d'ôter ce que l'on ne peut donner. La peine de mort est un blasphème, un sacrilège.