Elle sanglotait, les mains sur son visage. Il s'approcha, s'agenouilla devant elle, lui écarta les mains de force.

—Voyons, dis-moi pourquoi tu m'as nommé M. de Saffré.

Alors, détournant encore la tête, elle répondit au milieu de ses larmes, à voix basse:

—Je croyais que tu me quitterais, si tu savais que ton père....

Il se releva, reprit son cigare qu'il avait posé sur un coin de la cheminée, et se contenta de murmurer:

—Tu es bien drôle, va!...

Elle ne pleurait plus. Les flammes de la cheminée et le feu de ses joues séchaient ses larmes. L'étonnement de voir Maxime si calme devant une révélation qu'elle croyait devoir l'écraser lui faisait oublier sa honte. Elle le regardait marcher, elle l'écoutait parler comme dans un rêve. Il lui répétait, sans quitter son cigare, qu'elle n'était pas raisonnable, qu'il était tout naturel qu'elle eût des rapports avec son mari, qu'il ne pouvait vraiment songer à s'en fâcher. Mais aller avouer un amant quand ce n'était pas vrai. Et il revenait toujours à cela, à cette chose qu'il ne pouvait comprendre, et qui lui semblait réellement monstrueuse. Il parla des «imaginations folles» des femmes.

—Tu es un peu fêlée, ma chère, il faut soigner ça.

Il finit par demander curieusement:

—Mais pourquoi M. de Saffré plutôt qu'un autre?