Ce maillot déchiré l'avait mise en retard. Elle parut se soucier peu de son triomphe. Ses mains brûlaient, ses yeux brillaient de fièvre. Elle souriait pourtant, répondait par de petites phrases aux hommes qui l'arrêtaient, qui la complimentaient sur sa pureté d'attitudes, dans les tableaux vivants. Elle laissait derrière elle un sillage d'habits noirs étonnés et charmés de la transparence de sa blouse de mousseline. Quand elle fut arrivée au groupe de femmes qui entouraient Maxime, elle souleva de courtes exclamations, et la marquise se mit à la regarder de la tête aux pieds, d'un air tendre, en murmurant:
—Elle est adorablement faite.
Mme Michelin, dont le costume d'aimée devenait horriblement lourd à côté de ce simple voile, pinçait les lèvres, tandis que Mme Sidonie, ratatinée dans sa robe noire de magicienne, murmurait à son oreille:
—C'est de la dernière indécence, n'est-ce pas, ma toute belle?
—Ah! bien, dit enfin la jolie brune, c'est M. Michelin qui se fâcherait si je me déshabillais comme ça!
—Et il aurait raison, conclut la courtière.
La bande des hommes graves n'était pas de cet avis.
Ils s'extasiaient de loin. M. Michelin, que sa femme mettait si mal à propos en cause, se pâmait, pour faire plaisir à M. Toutin-Laroche et au baron Gouraud, que la vue de Renée ravissait. On complimenta fortement Saccard sur la perfection des formes de sa femme. Il s'inclinait, se montrait très touché. La soirée était bonne pour lui, et, sans une préoccupation qui passait par instants dans ses yeux, lorsqu'il jetait un regard rapide sur sa sœur, il eût paru parfaitement heureux.
—Dites, elle ne nous en avait jamais autant montré, dit plaisamment Louise à l'oreille de Maxime, en lui désignant Renée du coin de l'œil.
Elle se reprit, et avec un sourire indéfinissable: