—Je dirais que tu as mordu à toutes les pommes.
Elle ne sourcilla pas.
—Et tu t'ennuies! reprit le jeune homme avec une vivacité comique. Mais c'est un meurtre!... Que veux-tu! Que rêves-tu donc!?
Elle haussa les épaules, pour dire qu'elle ne savait pas. Bien qu'elle penchât la tête, Maxime la vit alors si sérieuse, si sombre, qu'il se tut. Il regarda la file des voitures qui, en arrivant au bout du lac, s'élargissait, emplissait le large carrefour. Les voitures, moins serrées, tournaient avec une grâce superbe; le trot plus rapide des attelages sonnait hautement sur la terre dure.
La calèche, en faisant le grand tour pour prendre la file, eut une oscillation qui pénétra Maxime d'une volupté vague. Alors, cédant à l'envie d'accabler Renée:
—Tiens, dit-il, tu mériterais d'aller en fiacre! Ce serait bien fait!... Eh! regarde ce monde qui rentre à Paris, ce monde qui est à tes genoux. On te salue comme une reine, et peu s'en faut que ton bon ami, M. de Mussy, ne t'envoie des baisers.
En effet, un cavalier saluait Renée. Maxime avait parlé d'un ton hypocritement moqueur. Mais Renée se tourna à peine, haussa les épaules. Cette fois, le jeune homme eut un geste désespéré.
—Vrai, dit-il, nous en sommes là!?... Mais, bon Dieu! tu as tout, que veux-tu encore?
Renée leva la tête. Elle avait dans les yeux une clarté chaude, un ardent besoin de curiosité inassouvie.
—Je veux autre chose, répondit-elle à demi-voix.