— Je veux mon mari, tuez-moi avec mon mari.

Mais l'officier s'appliquait de grands coups de poing dans la poitrine, en disant que, lui, n'était pas un bourreau, que s'il y en avait qui tuaient les innocents, ce n'était pas lui. Elle n'avait pas été condamnée, il se couperait la main, plutôt que de toucher à un cheveu de sa tête.

Alors, comme le Bavarois s'approchait, Henriette se colla au corps de Weiss, de tous ses membres, éperdument.

— Oh! mon ami, je t'en supplie, garde-moi, laisse-moi mourir avec toi…

Weiss pleurait de grosses larmes; et, sans répondre, il s'efforçait de détacher, de ses épaules et de ses reins, les doigts convulsifs de la malheureuse.

— Tu ne m'aimes donc plus, que tu veux mourir sans moi… Garde- moi, ça les fatiguera, ils nous tueront ensemble.

Il avait dégagé une des petites mains, il la serrait contre sa bouche, il la baisait, tandis qu'il travaillait pour faire lâcher prise à l'autre.

— Non, non! garde-moi… Je veux mourir…

Enfin, à grand-peine, il lui tenait les deux mains. Muet jusque- là, ayant évité de parler, il ne dit qu'un mot:

— Adieu, chère femme.