— Bonjour, père Fouchard.
Alors seulement, il sembla le reconnaître.
— Tiens! c'est toi, mon garçon… Oh! tu as encore forci. Comme te voilà gras!
Et il le dévisageait, vêtu d'une sorte de capote en gros drap bleu, coiffé d'une casquette de même étoffe, l'air cossu et content de lui. Du reste, il n'avait aucun accent, parlait avec la lenteur empâtée des paysans du pays.
— Mais oui, c'est moi, père Fouchard… Je n'ai pas voulu revenir par ici, sans vous dire un petit bonjour.
Le vieux restait méfiant. Qu'est-ce qu'il venait faire, celui-là? Avait-il su la visite des francs-tireurs à la ferme, la veille? Il fallait voir. Tout de même, comme il se présentait poliment, le mieux était de lui rendre sa politesse.
— Eh bien! Mon garçon, puisque tu es si gentil, nous boirons un coup.
Il prit la peine d'aller chercher deux verres et une bouteille. Tout ce vin bu lui saignait le coeur, mais il fallait savoir offrir, dans les affaires. Et la scène de la soirée recommença, ils trinquèrent avec les mêmes gestes, les mêmes paroles.
— À votre santé, père Fouchard.
— À la tienne, mon garçon.