L'abbé Mouret, la voix profondément altérée, ne fit plus entendre qu'un murmure indistinct. Il avait baissé complètement les paupières, la figure toute blanche, parlant avec une émotion si douloureuse, que le grand Fortuné lui-même pleurait, sans comprendre.

-- Il n'est pas encore remis, dit Lisa. Il a tort de se fatiguer... Tiens! Fortuné qui pleure!

-- Les hommes, c'est plus tendre que les femmes, murmura Babet...

-- Il a bien parlé tout de même, conclut la Rousse. Ces curés, ça va chercher un tas de choses auxquelles personne ne songe.

-- Chut! cria la Teuse, qui s'apprêtait déjà à éteindre les cierges.

Mais l'abbé Mouret balbutiait, tâchait de trouver les phrases finales.

-- C'est pourquoi, mon cher frère, ma chère soeur, vous devez vivre dans la foi catholique, qui seule peut assurer la paix de votre foyer. Vos familles vous ont certainement appris à aimer Dieu, à le prier matin et soir, à ne compter que sur les dons de sa miséricorde...

Il n'acheva pas. Il se tourna pour prendre le calice sur l'autel, et rentra à la sacristie, la tête penchée, précédé de Vincent, qui faillit laisser tomber les burettes et le manuterge, en cherchant à voir ce que Catherine faisait, au fond de l'église.

-- Oh! la sans-coeur! dit Rosalie, qui planta là son mari pour venir prendre son enfant entre les bras.

L'enfant riait. Elle le baisa, elle rattacha son maillot, tout en menaçant du poing Catherine.