Fouan ne se fâchait pas encore. Il trouvait le marchandage naturel, il faisait simplement face à ce déchaînement prévu, allumé lui aussi, allant carrément jusqu'au bout de ses exigences.
—Et ce n'est pas tout, minute!… Nous gardons jusqu'à notre mort la maison et le jardin, bien entendu… Puis, comme nous ne récolterons plus rien, que nous n'aurons plus les deux vaches, nous voulons par an une pièce de vin, cent fagots, et par semaine dix litres de lait, une douzaine d'oeufs et trois fromages.
—Oh! papa! gémit douloureusement Fanny atterrée, oh! papa!
Buteau, lui, ne discutait plus. Il s'était levé d'un bond, il marchait avec des gestes brusques; même il avait enfoncé sa casquette, pour partir. Jésus-Christ venait également de quitter sa chaise, inquiet à l'idée que toutes ces histoires pouvaient faire manquer le partage. Seul, Delhomme restait impassible, un doigt contre son nez, dans une attitude de profonde réflexion et de gros ennui.
Alors, M. Baillehache sentit la nécessité de hâter un peu les choses. Il secoua son assoupissement, et en fouillant ses favoris d'une main plus active:
—Vous savez, mes amis, que le vin, les fagots, ainsi que les fromages et les oeufs, sont dans les usages.
Mais il fut interrompu par une volée de phrases aigres.
—Des oeufs avec des poulets dedans, peut-être!
—Est-ce que nous buvons notre vin? nous le vendons!
—Ne rien foutre et se chauffer, c'est commode, lorsque vos enfants s'esquintent!