—A toi? alors, va le chercher! répondit l'autre, qui envoya l'escabeau nager dans la mare.

La maison était libre, Buteau prit le cheval par la bride, Lise ramassa ses deux enfants, ses deux derniers paquets, Jules sur le bras droit, Laure sur le bras gauche; puis, comme elle quittait enfin la vieille demeure, elle s'approcha de Françoise, elle lui cracha au visage.

—Tiens! v'là pour toi!

Sa soeur, tout de suite, cracha aussi.

—V'là pour toi!

Et Lise et Françoise, dans cet adieu de haine empoisonnée, s'essuyèrent lentement sans se quitter du regard, détachées à jamais, n'ayant plus d'autre lien que la révolte ennemie de leur même sang.

Enfin, rouvrant la bouche, Buteau gueula le mot du départ, avec un geste de menace vers la maison.

—A bientôt, nous reviendrons!

La Grande les suivit, pour voir jusqu'au bout, décidée d'ailleurs, maintenant que ceux-là étaient par terre, à se tourner contre les autres, qui la lâchaient si vite et qu'elle trouvait déjà trop heureux. Longtemps, des groupes stationnèrent, causant à demi voix. Françoise et Jean étaient entrés dans la maison vide.

Au moment où les Buteau, de leur côté, déballaient leurs nippes chez la Frimat, ils furent étonnés de voir paraître le père Fouan, qui demanda, suffoqué, effaré, avec un regard en arrière, comme si quelque malfaiteur le poursuivait: