C'était une antipathie croissante, elle ne pouvait plus entendre nommer le cousin, sans être soulevée par une de ses révoltes d'honnêteté, comme si elle avait eu à venger un dommage personnel.
—Certainement que c'est un cochon, déclara Lise avec calme; mais ça n'avance à rien de le dire, à cette heure.
Elle avait posé les poings sur ses hanches, elle demanda sérieusement:
—Alors, qu'est-ce qu'il raconte, Buteau?
—Mais rien, répondit Jean embarrassé, mécontent d'avoir eu la langue trop longue. Nous avons parlé de ses affaires, à cause de ce que son père dit partout qu'il le déshéritera; et lui dit qu'il a le temps d'attendre, que le vieux est solide, qu'il s'en fout, d'ailleurs.
—Est-ce qu'il sait que Jésus-Christ et Fanny ont signé l'acte tout de même et que chacun est entré en possession de sa part?
—Oui, il le sait, et il sait aussi que le père Fouan a loué à son gendre Delhomme la part dont lui, Buteau, n'a pas voulu; il sait que M. Baillehache a été furieux, à ce point qu'il a juré de ne plus jamais laisser tirer les lots avant d'avoir fait signer les papiers… Oui, oui, il sait que tout est fini.
—Ah! et il ne dit rien?
—Non, il ne dit rien.
Lise, silencieusement, se courba, marcha un instant, arrachant les herbes, ne montrant plus d'elle que la rondeur enflée de son derrière; puis, elle tourna le cou, elle ajouta, la tête en bas: