«Tout à l'heure! cria Busch, qui repoussa l'argent. Je n'ai pas terminé... Madame, que vous voyez là, est la petite-cousine de Rosalie, et ces papiers sont à elle, c'est en son nom que je poursuis le remboursement.... Cette pauvre Rosalie est restée infirme, à la suite de votre violence. Elle a eu beaucoup de malheurs, elle est morte dans une misère affreuse, chez madame, qui l'avait recueillie.... Madame, si elle voulait, pourrait vous raconter des choses...
—Des choses terribles!» accentua de sa petite voix la Méchain, rompant son silence.
Effaré, Saccard se tourna vers elle, l'ayant oubliée, tassée là comme une outre dégonflée à demi. Elle l'avait toujours inquiété, avec son louche commerce d'oiseau de carnage sur les valeurs déclassées; et il la retrouvait, mêlée à cette histoire désagréable.
«Sans doute, la malheureuse, c'est bien fâcheux, murmura-t-il. Mais, si elle est morte, je ne vois vraiment.... Voici toujours les six cents francs.»
Une seconde fois, Busch refusa de prendre la somme.
«Pardon, c'est que vous ne savez pas encore tout, c'est qu'elle a eu un enfant.... Oui, un enfant qui est dans sa quatorzième année, un enfant qui vous ressemble à un tel point, que vous ne pouvez le renier.»
Abasourdi, Saccard répéta à plusieurs reprises:
«Un enfant, un enfant...»
Puis, replaçant d'un geste brusque les six billets de banque dans son portefeuille, tout à coup remis d'aplomb et très gaillard:
«Ah! ça, dites donc, est-ce que vous vous moquez de moi? S'il y a un enfant, je ne vous fiche pas un sou.... Le petit a hérité de sa mère, c'est le petit qui aura ça et tout ce qu'il voudra par-dessus le marché... Un enfant, mais c'est très gentil, mais c'est tout naturel, il n'y a pas de mal à avoir un enfant. Au contraire, ça me fait beaucoup de plaisir, ça me rajeunit, parole d'honneur!... Où est-il, que j'aille le voir? Pourquoi ne me l'avez-vous pas amené tout de suite?»