—Tu refuses, ce n'est pas possible…. Il faut réfléchir, attendons à demain pour donner la réponse; et causons, veux-tu?

Mais elle s'étonnait, elle s'exaltait.

—Nous quitter! et pourquoi? Vraiment, tu y consentirais?… Quelle folie! nous nous aimons, et nous nous quitterions, et je m'en irais là-bas, où personne ne m'aime!… Voyons, y as-tu songé? ce serait imbécile.

Il évita de s'engager sur ce terrain, il parla de promesses faites, de devoir.

—Rappelle-toi, ma chérie, comme tu étais émue, lorsque je t'ai avertie que Maxime se trouvait menacé. Aujourd'hui, le voilà abattu par le mal, infirme, sans personne, t'appelant près de lui!… Tu ne peux le laisser dans cette position. Il y a là, pour toi, un devoir à remplir.

—Un devoir! s'écria-t-elle. Est-ce que j'ai des devoirs envers un frère qui ne s'est jamais occupé de moi? Mon seul devoir est où est mon coeur.

—Mais tu as promis. J'ai promis pour toi, j'ai dit que tu étais raisonnable…. Tu ne vas pas me faire mentir.

—Raisonnable, c'est toi qui ne l'es pas. Il est déraisonnable de se quitter, quand on en mourrait de chagrin l'un et l'autre.

Et elle coupa court d'un grand geste, elle écarta violemment toute discussion.

—D'ailleurs, à quoi bon discuter?… Rien n'est plus simple, il n'y faut qu'un mot. Est-ce que tu veux me renvoyer?