Pascal, qui se contenait toujours, les yeux à terre, se contenta de répéter:
—Ma mère, je vous en prie, laissez-moi.
—Eh! non, je ne veux pas te laisser, cria-t-elle avec son impétuosité ordinaire, malgré son grand âge. Je suis justement venue pour te bousculer un peu, pour te sortir de cette fièvre où tu te ronges…. Non, ça ne peut pas durer ainsi, je n'entends pas que nous redevenions la fable de la ville entière, avec tes histoires…. Je veux que tu te soignes.
Il haussa les épaules, il dit à voix basse, comme à lui-même, d'un air de constatation inquiète:
—Je ne suis pas malade.
Mais, du coup, Félicité sursauta, hors d'elle.
—Comment, pas malade! comment, pas malade!… Il n'y a vraiment qu'un médecin pour ne pas se voir…. Eh! mon pauvre garçon, tous ceux qui t'approchent en sont frappés; tu deviens fou d'orgueil et de peur!
Cette fois, Pascal releva vivement la tête, et il la regarda droit dans les yeux, tandis qu'elle continuait:
—Voilà ce que j'avais à te dire, puisque personne n'a voulu s'en charger. N'est-ce pas? tu es d'un âge à savoir ce que tu dois faire…. On réagit, on pense à autre chose, on ne se laisse pas envahir par l'idée fixe, surtout quand on est d'une famille pareille à la nôtre…. Tu la connais. Méfie-toi, soigne-toi.
Il avait pâli, il la regardait toujours fixement, comme s'il l'eût sondée, pour savoir ce qu'il y avait d'elle en lui. Et il se contenta de répondre: