Puis, se levant, se secouant, outrant son rôle de fille intéressée et froide:
—Ah! c'est donc fini!... J'en avais assez, un fameux poids de moins sur les épaules!... Vous savez, je ne recommencerais pas pour le même prix.
Saisi, Félicien l'écoutait. Eh! quoi? encore l'argent! Il l'avait sentie un moment si tendre, si passionnée de son art! S'était-il donc trompé, qu'il la retrouvait sensible à la seule pensée du gain, indifférente au point de se réjouir d'avoir fini et de ne plus le voir? Depuis quelques jours, il se désespérait, cherchait vainement sous quel prétexte il pourrait revenir. Et elle ne l'aimait pas, et elle ne l'aimerait jamais! Une telle souffrance lui étreignit le cœur, que ses yeux pâlirent.
—Mademoiselle, n'est-ce pas vous qui monterez la mitre?
—Non, mère fera ça beaucoup mieux....
Je suis trop contente de ne plus avoir à y toucher.
—Vous n'aimez donc pas votre travail?...
—Moi!... Je n'aime rien.
Il fallut qu'Hubertine, sévèrement, la fit taire. Et elle pria Félicien d'excuser cette enfant nerveuse, elle lui dit que le lendemain, de bonne heure, la mitre serait à sa disposition.
C'était un congé, mais il ne s'en allait pas, il regardait le vieil atelier, plein d'ombre et de paix, comme si on l'eût chassé du paradis. Il avait eu là l'illusion d'heures si douces, il sentait si douloureusement que son cœur y restait, arraché!