Il était arrivé à une allée plus large. Deux femmes, une petite vieille et une grande sèche, passèrent devant lui, causant, se dirigeant vers les pavillons.

— Et vous êtes venue faire vos provisions, mademoiselle Saget? demanda la grande sèche.

— Oh! madame Lecoeur, si on peut dire… Vous savez, une femme seule. Je vis de rien… J'aurais voulu un petit chou-fleur, mais tout est si cher… Et le beurre, à combien, aujourd'hui?

— Trente-quatre sous… J'en ai du bien bon. Si vous voulez venir me voir…

— Oui, oui, je ne sais pas, j'ai encore un peu de graisse…

Florent, faisant un effort suprême, suivait les deux femmes. Il se souvenait d'avoir entendu nommer la petite vieille par Claude, rue Pirouette; il se disait qu'il la questionnerait, quand elle aurait quitté la grande sèche.

— Et votre nièce? demanda mademoiselle Saget.

— La Sarriette fait ce qu'il lui plaît, répondit aigrement madame Lecoeur. Elle a voulu s'établir. Ça ne me regarde plus. Quand les hommes l'auront grugée, ce n'est pas moi qui lui donnerai un morceau de pain.

— Vous étiez si bonne pour elle… Elle devrait gagner de l'argent; les fruits sont avantageux, cette année… Et votre beau-frère?

— Oh! lui…