— Elles en débitent! murmura-t-il, d'un air envieux.

Les Halles se vidaient, et il y avait là, en effet, mademoiselle Saget, madame Lecoeur et la Sarriette, au bord du trottoir. La vieille fille pérorait.

— Quand je vous le disais, madame Lecoeur, votre beau-frère est toujours fourré dans leur boutique… Vous l'avez vu, n'est-ce pas?

— Oh! de mes yeux vu! Il était assis sur une table. Il semblait chez lui.

— Moi, interrompit la Sarriette, je n'ai rien entendu de mal… Je ne sais pas pourquoi vous vous montez la tête.

Mademoiselle Saget haussa les épaules.

— Ah! bien, reprit-elle, vous êtes encore d'une bonne pâte, vous, ma belle!… Vous ne voyez donc pas pourquoi les Quenu attirent monsieur Gavard?… Je parie, moi, qu'il laissera tout ce qu'il possède à la petite Pauline.

— Vous croyez cela! s'écria madame Lecoeur, blême de fureur.

Puis, elle reprit d'une voix dolente, comme si elle venait de recevoir un grand coup:

— Je suis toute seule, je n'ai pas de défense, il peut bien faire ce qu'il voudra, cet homme… Vous avez entendu, sa nièce est pour lui. Elle a oublié ce qu'elle m'a coûté, elle me livrerait pieds et poings liés.