—Ah! monsieur Froment, vous avez eu la curiosité de venir voir ça?
—Oui, j'ai accompagné mon frère. Mais je crains bien que nous ne puissions voir grand'chose.
—Certes, si vous restez là.
Et, tout de suite, obligeamment, en garçon qui aimait à montrer sa puissance de journaliste connu, devant lequel tombaient les consignes:
—Voulez-vous passer avec moi? Justement, l'officier de paix est mon ami.
Sans attendre la réponse, il arrêta ce dernier, lui parla bas, vivement, en lui contant une histoire, deux de ses confrères qu'il avait amenés, pour des articles. L'officier, d'abord, hésita, se débattit. Puis, il eut un geste las de consentement, dans la sourde crainte que la police a toujours de la presse.
—Venez vite, dit Massot en entraînant les deux frères.
Surpris de voir le cordon des gardes s'ouvrir si brusquement devant eux, ceux-ci se trouvèrent dans le vaste espace libre. Au sortir de la cohue tumultueuse, il régnait là, sous les petits platanes, une solitude, un silence, d'une tranquillité reposante. La nuit pâlissait, une lueur d'aube commençait à pleuvoir du ciel comme une cendre fine.
Lorsqu'il leur eut fait couper la place de biais, Massot les arrêta près de la prison, en reprenant:
—Moi, je vais entrer, je veux assister au lever et à la toilette... Promenez-vous, regardez, personne ne vous demandera rien. D'ailleurs, je vous rejoindrai.